Des participants annoncés, seuls Bob Kabamba
et Jean-Claude Willame étaient présents. Karel De
Guch, ministre belge des Affaires Etrangères, était
bloqué par l'agenda de la formation du nouveau gouvernement
qui n'arrive toujours pas. George Arthur Forrest, président
du groupe Forrest, n'a pas pu quitter Lubumbashi (RDC). Olivier
Kamitatu, ministre du Plan, et François Mwamba, secrétaire
général du MLC, n'ont pu quitter le pays à
cause de la situation politique vu les événements
du Kivu.
Ils ont été remplacé par : José Smet
(Ancien consul à Lubumbashi), envoyé spécial
dans la région des Grands Lacs (Pour De Gucht) ; Bruno
Collins, administrateur du Group Forrest depuis 1992 (Pour George
Forrest) ; Gerard Akongo, ministre-conseiller à l'Ambassade
de la RDC en Belgique (Pour Olivier Kamitatu) ; Justine Kasa-Vubu,
présidente du MD (Pour François Mwamba).
Les participants n'ont pas perdu au change.
L'ouverture de la soirée a été faite par
Paul Walckiers, maître de cérémonie, qui
a donné la parole à François Ryckmans (Journaliste
à la RTBF, modérateur) qui lancera les débats.
- L'entame fut confiée à Jean-Claude Willame
(Professeur émérite de L'UCL, auteur du livre
: les faiseurs de paix au Congo) qui a parlé de l'historique
de la relation entre la Belgique et le Congo durant la période
Mobutu.
- Bob Kabamba (Professeur à l'Université
de Liège, un des promoteurs de la Constitution congolaise)
prendra ensuite la parole pour parler de la période Kabila
(Père et fils).
- José Smet interviendra à son tour pour commenter
la situation actuelle sur le terrain, il apprendra à
l'assistance que Joseph Kabila et Paul Kagame s'étaient
longuement parlé à New-York sans livrer la teneur
de ces entretiens dont aucun journal n'a parlé. Il évoquera
ensuite l'état de la coopération entre les deux
pays.
- Viendra Justine Kasa-Vubu (que l'on avait perdu de vue depuis
la présidentielle au Congo où elle était
devenue l'alliée de JP Bemba après sa tentative
manquée) qui se focalisera sur la critique du gouvernement
en place qui (selon elle) pratique la politique de l'impunité
pour soi et la justice pour les autres. Elle enchaînera
avec une analyse sur le pilotage et l'accompagnement de l'Union
Européenne pour finir par encourager l'opposition congolaise
à se reconstituer pour pouvoir jouer un rôle sous
cette législature.
- Le ministre-conseiller, Gérard Bakongo, (Représentant
du gouvernement) se hâtera de préciser à
l'assistance qu'il n'était qu'un fonctionnaire soumis
au devoir de réserve et qu'il avait affaire à
des politiciens (Hilarité générale dans
la salle!). Une façon de se prémunir contre sa
non connaissance du thème de la conférence. Ce
qui ne l'empêchera pas de dire à Justine Kasa-Vubu
qu'elle n'avait des leçons à donner à personne
vu sa mauvaise gestion des responsabilités lui confiées
à l'époque par Laurent-Désiré Kabila.
Ambiance. Il se contentera de lire un texte lui soumis au téléphone
par Olivier Kamitatu.
- Le Groupe Forrest présentera sa défense par
l'entremise de Bruno Collins qui essayera d'éclairer
l'assistance sur les contrats miniers dont il bénéficie,
surtout celui lié à la mine de Kamoto qui est
la plus grande mine souterraine du Congo. D'après lui,
son groupe, qui n'a que 3 contrats, est souvent accusé
à tort par des personnes qui ne prenne pas la peine de
vérifier les bons chiffres. Il en profitera pour dénoncer
le fameux contrat des chinois qui vont débarquer avec
20.000 ouvriers qui vont travailler au Congo. Et la place du
congolais dans tout ça ?
Il sera contredit par Bob Kabamba qui apprendra à l'assemblée
que ce groupe contrôlait la Gécamines au moment
de la signature des contrats et qu'il s'était réservé
le meilleur morceau du gâteau. Contrôlant aussi
le marché public de la RDC, il était normal qu'il
ait peur de l'arrivée des chinois qui visent tous les
domaines possibles.
Pour conclure, Justine Kasa-Vubu dénoncera le soutient
actif apporté par le groupe Forrest au PPRD de J.Kabila
et souhaiterait voir la Belgique écrire une nouvelle
page dans sa relation avec la RDC. Gérard Bakongo soutiendra
qu'il ne faut pas trop demander à la RDC parce qu'elle
se reconstruit. Bruno Collins croit qu'il faut former les jeunes,
ces oubliés, pour reconstruire le Congo. L'ancien Consul
Smet exprimera son souhait de voir le prochain gouvernement
continuer dans la voie d'une relation intense avec le Congo
à tous les niveaux (Pouvoir, opposition et société
civile) sous peine de voir les chinois (encore eux) rafler la
mise. Pour Jean-claude Willame, la fin de l'insécurité
et des arrestations des journalistes est plus qu'un souhait.
Extinction des feux par Paul Walckiers juste au moment où
les feux prenaient. Un goût de trop peu. Au fait, pourquoi
les congolais n'organisent-ils pas des telles réunions
publiques entre eux sans bagarres ni injures ? Tout le monde
y gagnera.
° Le fouineur